lundi 17 mars 2008

Polar Krisprolls



Stieg Larson. Le nom claque comme une voile de drakkar, dans un fjord venteux. Les 574 pages du 1er tome de Millénium (trilogie polar de Larson) ont été ingurgitées d’une traite. Pas de répit ! Travailler, manger et autres impératifs barbants (ou pas) de la vie d’aujourd’hui étaient devenus un passe-temps, et toute joyeuseté était reléguée au lendemain. Le même sentiment prenant que j’ai ressenti à la lecture de l’Attentat de Y. Khadra (auto-promesse faite depuis le questionnaire de Procuste), bien qu’aucun parallèle ne soit à établir entre les 2 ouvrages.

Quoiqu’il en soit, amateurs de polars, bonsoir. Ceux qui écoutaient, petits, les histoires extraordinaires de Pierre Bellemare à la radio me comprendront. Bien sûr, les amateurs de films de Chabrol et d’Henri Verneuil aussi.

Toutes les épices de la série noire sont là : couverture sombre, énigme, enquêteurs attachants, fausses pistes, personnages hauts en couleur. Aucune ne manque à l’appel.
Mais, au-delà de l'histoire en elle-même, il est intéressant de constater que la culture suédoise est relativement méconnue du reste du monde. Qu'est-ce que la Suède dans l'imaginaire collectif (ou juste dans le mien) ? Un ou 2 tennismans type Bjorn Borg, 2 actrices d’anthologie (Bergman et Garbo), Ikéa, ABBA, la petite sirène, l’assassinat d’Olof Palme, les blonds, les vikings, le froid nordique … ? Beaucoup de lieux communs, équivalents après tout à notre triptyque habituel du chameau-couscous-harem.
Millénium est, donc, une occasion de faire connaissance avec ce pays qui, bien entendu, ne se résume pas aux quelques lieux communs que j'ai énoncé.
D'un autre côté, styliquement parlant, ceux qui chercheront les codes clichés du polar ne les trouveront pas. Pas de borsalino, pas de détective à moustache, pas de Jessica Rabbit ondulant la cigarette au bec. Non, ici nous sommes dans du polar modernisé. Les grands patrons côtoient le journalisme financier, et la seule pseudo détective de l’histoire est une hackeuse tatouée (résumé hâtif de ma part).

L’histoire, donc. C'est celle d’une dynastie d’industriels, les Vanger, dont une adolescente, Hariett, a disparu dans les années 60. L’assassinat est plus que probable. Son oncle, 80 printemps de nos jours, n’aura de cesse de vouloir connaître le fin mot de l’histoire. Il emploie donc un duo improbable : Mikael Blomkvist, journaliste Mr Propre qui s'est retrouvé en pause sabbatique un peu malgré lui, et Lisbeth Salander, détective-hackeuse-hard rockeuse-limite autiste.
Pour mener l’enquête, Blomkvist ira vivre sur la petite île où réside la « communauté » Vanger, et où a disparu 40 ans plus tôt la Hariett en question. Il sera rejoint plus tard par Salander. Au fur et à mesure que les 2 furètent dans l’histoire des Vanger, cette équipe de choc déterrera quelques cadavres nauséabonds, qui relègueraient n’importe quel Postsecret au rang de confidence de chochotte, et résoudra bien sûr le casse-tête chinois.

Le fil rouge de l’histoire est dans le titre : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes.

Titre qui n’arrête pas de nous faire de l’œil tout au long de notre lecture, accentué par les statistiques sur les violences faites à l’égard des femmes, qui sont distillées au compte goutte, comme autant d’indices flagrants.

Dans une critique de ce pavé, il était dressé un parallèle avec le film danois, Festen. Vrai … très vrai, pour l’aspect bourgeoisie nordique qui cache, sous des airs bien comme il faut, des comportements pas très catho. Personnellement, je comparerais aussi ce polar aux meurtres dans la campagne anglaise : sans arsenic et vieilles dentelles, mais plus pour le côté isolé de l’île et le peu d’envie de coopérer des gens du cru.

Comme je vous le disais, ceci est une trilogie. Les 2 suites scandinaves sont en route vers chez mon libraire en chef, et ne sauraient tarder. Sans oublier le Seigneur de Bombay de Vikram Chandra. Un printemps résolument polar, et du café noir, très noir pour tenir le coup après l'heure du crime !

4 commentaires:

Leguepard a dit…

Preuuuuuumssssss!

Je vais vite me procurer ce roman.

L'esthétique nordique me fascine également. Dans le genre "les-scandinaves-ne-sont-pas-que-des-blondes-très-sympa", je te recommande vivement "After the wedding", un magnifique film danois nominé l'an dernier aux oscars, tourné à la "Festen" mais qui ne manquera pas de te surprendre à la manière d'Almodovar. Je n'en dis pas plus...

Zaz a dit…

Franchement se faire rafler le preuuuums par le guépard qui sévit au maximum 8 jours dans l'année, ça fait mal!
je boude...

sinon ben tu as gagné simsim, grâce à ta critique je vais être obligée de me taper ce bouquin qui sévit dans le métro depuis Noël et que je ne veux pas lire parceque c'est pour moi le nouveau DA VINCI CODE et que je veux me la jouer rebelle...
Ma collègue en dit le plus grand bien, mon boss aussi, mais la première est fan de science fiction et de fantasy et le seond m'a fait lire "la peau froide" de pinol (un livre dont la couverture me donne déjà la chair de poule)
bref tout ça pour dire que ton pavé je finirais bien par l'avaler, et que tu m'as convaincue à l'instant même où tu as évoqué Festen (un film aussi danois que la petite sirène, qui bronze toute l'année à copenhague, loin de stockholm!)
sinon pour les raccourcis faciles, j'ai adoré la trilogie de chez nous. je rajouterais une couche à tes lieux communs sur la suède et sa puissance évocatrice avec des blondes généreuses étalant leurs rougeurs sur des kilomètres de côte d'azur française en été, et de blonds vikings en quête de bière tôt le matin!
bientôt on pensera aussi aux home-made movies dès qu'on parlera de suède, puisque grâce à Michel gondry le nom du pays se conjugue maintenant (sueder un film)! qui a été voir le be kind, rewind? des avis?

Couscous poulette a dit…

To Leguepard : Et se le procurer, sans non plus me griller la priorité sur les 2 autres tomes, auprès du dealer bouquins en question ! :)
Ca fait plaisir de voir que Festen n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd, et qu’en plus tu renchéris avec « After the wedding» (que je n’ai pas vu, hein). Je vais essayer de me le débrouiller ... C’est pas gagné !

Zazie, de là à le comparer avec le Da Vinci Code et c'est moi qui boude :) Je t'accorde le fait que ce bouquin a été super marketé, mais franchement c'est pas mal ! Et puis c'est triple pavé ;) (3 fois environ 600 pages, faisons le compte).
J'ai cité la petite sirène ? :)))))) j'ai honte ! :(
Pour les newest films, on est déjà content d'avoir vu débarquer Gone baby Gone, alors les indépendants je n'en rêve même pas !
Bon, une longue route m'attend avec un 'tit stop par chez la ville phare de la blondeur germanique :) Bon looong WE de 4 jours ;)

Lato sensu a dit…

Voulez vous lire "le Potentiel érotique de ma femme" pour moi? Merci.

Mon anniversaire s'approche lui " A grand pas" encore un beau livre, scolaire. Que j'ai lu déjà.
Merci le MEN.