Une formule liée éternellement à Mai 68, mais pour profiter de notre beau long week-end de Noël national, notre plage nous sommes allés la chercher direction sud sud, à la recherche du beau temps. Nous avons trouvé et le beau temps et les plages, dans un Bagdad Café en bord de mer.
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Mirleft (le prince des navets, en berbère) est une ville qui se vit comme un coup de cœur.
Avant de l’atteindre, on vit déjà un road movie fascinant. Des paysages à couper le souffle, des arrêts photo à répétition, les histoires qui défilent, des personnages hauts en couleur, le Maroc qui tient fièrement son 1er rôle.
Pluuuuuusieurs heures plus tard, au détour d’un virage, elle apparaît, l’air de rien. Au premier abord, il faut avouer que cette bourgade ne paye pas de mine.
On se dit que, comme d’habitude, les prescripteurs en ont trop fait.
Qu'à cela ne tienne. Passons la nuit, et au pire des cas, nous reviendrons jouer du coude avec la colonie casaoui qui a envahi Marrakech.
Nous n’aurons pas à le faire. L'âme de Mirleft va nous ensorceler à grand renfort de Tafoukt (soleil) et Aman (l'eau).
Le lendemain, nous partons à la recherche de l’iode et du sable blanc les plus enchanteurs.
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On en profite pour filmer les pêcheurs, installés sur des chambres à air XL, et qui restent au large pour fuir le courant du rivage.
Puis le tafoukt le plus étincelant réapparaît, et nous nous ruons sur le sable, à la recherche d’une bronzette qui décimera temporairement cette blancheur d’aspirine.
A mi-cuisson, nous décidons de partir jouer aux amazones et Robinson Crusoë, à la recherche de renfoncements et grottes que nous trouverons et que nous mitraillerons à la japonaise, dans les postures les + invraisemblables.
La journée s’achève en mode écrevisse, et le soir, pas de folies. Ce n’est pas le lieu. Discussions et récits fascinants de baroudeurs globe-trotteurs autour d’un tagine berbère ou, pour les indécrottables citadins, dîner couci couca dans la maison d’hôte in (forcément en hauteur) du coin, voire un verre pas prétentieux dans l’hôtel bar référence de « l’avenue principale ».
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Je me prends pour Peter Fonda dans Easy Rider, sauf que je suis bien sanglée dans mon casque flottant et que notre moniteur se retourne toutes les 2 secondes pour vérifier que nous ne dirigeons pas vers le fossé. On fait avec le rock’n roll qu’on peut !
C’est surtout lors de cette journée que le charme mirleftien nous subjugue.
En haut des collines Hauts de Hurlevent, la vision de la nature pré-désertique opère à 100%.
La découverte de la plage sauvage dans l'après-midi (des kms de sable, l'Atlantique "vagueux" qui vient se jetter sur les rives, et pratiquement aucun plagiste) achèvera les dernières hésitations des pratiquants farouches de la jungle urbaine que nous sommes.
Le lendemain, nous quitterons Mirleft le sourire aux lèvres, la tong fière, le tube de biafine vidé, la persistance rétinienne de tous ces paysages magnifiques, et le coeur remplit de la gentillesse et de l'humanité des habitants du cru.
Les Nass El Ghiwane joueront en boucle, tout le long du trajet (10 heures, dont une pause déj et une heure de bouchon au péage de Settat !), et Fine ghadi bia khouya sera décrété hymne du séjour et de la marocanité retrouvée.
Casa nous a manqué, mais quitter le monde du silence de Mirleft pour replonger dans la « tebkhira casaouia » (merci Hoba Hoba) sera difficile. Le réveil du lendemain le sera encore plus.
P.S : Ceci est vraiment le bref résumé d'une citadine qui cherchait à sortir des sentiers battus ... il y a le Mirleft surfeur, le Mirleft post-hippy, le Mirleft retraite inspiratrice de rocker (les 2 Jimmy, Hendrix et Page, y ont séjourné), le Mirleft soixantenaire ... Mirleft ne se veut ni FRAM ni frime !
Et surtout Mirleft se vit ... elle ne se lit pas :)