dimanche 29 avril 2007
Mick en surchauffe
samedi 28 avril 2007
Si Rome m'était contée

Si je vous dis Vespa, Colisée, Fiat 127 pourrave, Fontaine de Trevi , la Dolce Vita, ou les studios de la Cinecitta (pour les cinéphiles) vous me répondrez … ?
Rome bien sûr.
Si vous me dites, César, Marc-Antoine, Pullo et Vorenus, Atia, Servilia …je vous répondrais, Rome bien sûr.
Cette série événement m’a fait battre des records que je ne pensais pas pouvoir atteindre un jour : 6 heures de suite scotchée devant mon écran à dévorer des yeux toute la 1ère saison, puis 2 semaines plus tard la 2ème saison !
Avec, au final, des yeux de junkie proche de l’overdose (ma seule référence en la matière étant Requiem for a dream ou les yeux de malade de Malcom Mc Dowell dans Orange mécanique) ... et des petits woody woodpecker dans le crâne qui martelaient sec !
Voici pour un 1er tableau de cette Rome Antique : 50 ans avant JC, César revient de sa campagne victorieuse en Gaule avec, dans ses bagages, ses butins de guerre dont Vercingétorix, qui sera oublié dans des oubliettes, et ses troupes de solides gaillards.
Parmi ces solides gaillards, Lucius Vorenus (coincé du sphincter) et Pullo (bon vivant délectable).
Sans oublier Marc-Antoine, qui en terme de magnificence, ferait pâlir d’envie un Richard Burton.
César revient donc en vrai héros du peuple, et veut prendre les rennes du pouvoir en todo solo, dans une Rome républicaine, ce qui lui met à dos et son meilleur ennemi Pompée, et une grande partie des gros pontes du Sénat ( Cicéron, Caton … et Brutus).
La 1ère saison est un état des lieux de ce retour, sur fonds de guerre civile, et de toutes ses conséquences sur la vie romaine. Des conséquences politiques, populaires, chez les patriciens (nobles), et chez la plèbe (le peuple). La série nourrit tous les préjugés que l’on a sur cette époque, mais joue également avec nos idées préconçues en contournant certains faits que l’on croyait des vérités historiques : il faut voir l’arrivée du personnage de Cléopâtre, vers les derniers épisodes, pour comprendre ce que je dis.
On s’y croirait : les rues de Rome aux gros pavés et grafittis souvent obscènes sur les murs, les mœurs grandeur & décadence (violence à chaque coin de rue et égoûts où s'amoncellent les cadavres, sexualité débridée et décomplexée…), les intrigues et trahisons politiques, les croyances et bidouilleries religieuses.
C’est Dallas en plus classe, et ici les J.R sont légions : Atia, Servilia, Marc-Antoine … Mais on n’arrive pas vraiment à les détester.
Le duo Atia-Servilia se livre, ainsi, une guéguerre de mégères non apprivoisées. Elles se détestent cordialement, et se le font régulièrement savoir à grand coup de tentatives d’empoisonnement et autres grands témoignages d’affection.
Mais je réalise que je parle, je parle, et qu’il serait plus judicieux de vous dresser un portrait de tous les personnages pour que vous compreniez le pourquoi du comment.
Que dire de plus ? Le nom parle de lui-même. Il faut tout de même préciser que l’acteur l’incarne à la perfection. Avec des infos supplémentaires sur le personnage qui ne sont pas forcément dans le domaine public : le Grand mal qui le ronge, ses intrigues, ses amours …
Bras droit de César, seigneur de guerre, et une magnifique brute attachante (« il m’attache beaucoup » comme dirait le Chouchou de Gad). Excellent général, aimé de ses troupes et qui n’hésite pas à mouiller la tunique. Il a une libido « exigeante » : et vas-y que je te trousse une bergère sur le bord de la route, et vas-y que je me fais des parties fines avec des esclaves ... sans oublier Atia, sa maîtresse officielle.
Il dirige entre autres la 13ème légion, dans laquelle officient les centurions Lucius Vorenus et Titus Pullo.
Son meilleur ennemi et souffre-douleur en chef est Cicéron, gringalet et grand orateur du Sénat.
Pour ne pas focaliser sur la noblesse romaine, la série fait appel aux 2 soldats de la 13ème légion, que sont Vorenus et Pullo. Ils légitiment les incursions dans les quartiers popu du mont Aventin, au retour des troupes à Rome, et nous permettent d’en savoir un peu plus sur les conditions de vie dial Chaab. Lucius démarre la série en psycho-rigide, très à cheval sur la morale et les principes, et n’arrive pas à se montrer tendre avec sa femme, Niobé (actrice indienne magnifique, qui a joué notamment dans « Kama Sutra », pas aussi sulfureux que son nom pourrait le laisser penser). Il démarrera une amitié à la vie à la mort avec Pullo, son exact opposé. D’autres petites histoires se déroulent en parallèle, mais je préfère vous laisser les découvrir.
Plus brouillon que son grand pote Vorenus, il est le charme personnifié. Instable, casse-cou et anti-conformiste en diable. C’est un électron libre, sans vie familiale (enfin, qui vivra verra). Il finit régulièrement dans les bouges de Rome, le gosier en feu et la catin épuisée à ses côtés.
C’est une vraie … comment dire … "petite salope" ! Cette veuve joyeuse inviterait dans son lit tout Rome si ça pouvait servir ses intérêts, et ferait zigouiller tout le reste dans la même optique. Elle n’hésite pas à utiliser ou réarranger la vie de ses enfants (Octave et Octavia) pour nouer des alliances ou intriguer à tout va. Elle n’a aucun scrupule, aucune morale si ce n’est la sienne. Cependant, au fil des épisodes, on s’attache à ce personnage haut en couleurs. Nièce de César, elle fait donc partie de la haute-noblesse en étant membre de la famille des Julii.
Maîtresse officielle de Marc-Antoine, elle éprouve sûrement des sentiments pour lui. Ces 2 là s’en donnent à cœur joie, devant les esclaves qui restent au piquet, en attendant que leur maîtresse et son amant finissent leurs joyeusetés acrobatiques.
Golden Globe de la meilleure interprétation pour Polly Walker, alias Atia !
Classe icebergienne et Ennemi public n°1 à l’échelle Richter d’Atia. Moins devergondée que cette dernière, elle attend avec impatience le retour de César, son amant. Au gré des épisodes, certains événements viendront la pousser à haïr César et Atia, et chercher par tous les moyens à entraîner leur perte.
Petit indice : C’est la mère de Brutus.
Fils d’Atia, il démarre la saison en ado. C’est un intello plus qu’un guerrier, qui commence à développer une morale plus ou moins rigide (à l’opposé des frasques de sa môman). Chouchou de César, sa mère le pousse à développer plus sa « virilité », ce qui d’ailleurs n’a absolument rien à avoir.
Ce péplum revisité a bénéficié d’un budget record pour une série (100 millions de dollars pour la 1ère saison), ce qui lui a permis de se lâcher au niveau de la reconstitution de Rome, des combats très réalistes dont notamment une scène d’arène mémorable, des défilés, type retour du héros, très hauts en couleur, et autres nombreux postes de dépense.
La série étant une collaboration entre HBO (Sex & the city, 6 feet under…) et la BBC, la plupart des acteurs sont anglais. Conséquence agréable, les accents delightful des faubourgs londoniens, voire d' acteurs Shakespeariens. Pas très italien me direz-vous ? Tant qu’à faire, je préfère vous conseiller de le regarder plutôt en VO qu’en français, parce qu’on y perd en réalisme.
Ce n’est absolument pas une série familiale ! Sans être hardcore, les corps nus se balancent avec nonchalance sans aucune feuille de vigne à portée de main, et les scènes de galipettes sont plutôt gratinées. De plus, le ketchup gicle abondamment avec quelques têtes et membres coupés ici et là.
Mais cela reflète la réalité de l’époque où la morale était secondaire (je me répète), où pour un oui ou pour un non on trucide son voisin ou sa voisine, où l’on torture et viole à tour de bras, où l’on a droit de vie ou de mort sur ses esclaves, et où la sexualité n’est pas vécue comme une hchouma. Bizarrement, l’homosexualité n’est abordée que quelques fois alors que la bisexualité était normale pour l’époque.
Volontairement, je ne parle pas de la 2nde saison parce qu’il faudrait que je révèle un spoiler sur la fin de la 1ère.
En même temps, l’histoire est connue de tous ! :)
Et puis j’attend toujours ce foutu 10ème et dernier épisode de la 2ème saison que mon dealer dvdien n’a toujours pas ! J’ai beau le harceler (menaces psychologiques, écoutes téléphoniques … comme dirait l’autre), walou, pas encore là kimedi !
Ca devient ma quête du Graal perso !
Dès que je l'ai, je plonge pendant 45 minutes en apnée et je dis au revoir à toute la bande ! Il n'y aura pas de 3ème saison !
dimanche 4 mars 2007
Culture de navets sur écran noir

Une semaine après les Oscars 2007, où Indigène n’a pas reçu la statuette du meilleur film étranger et où Helen Mirren méritait celle de la meilleure actrice pour the Queen (chez votre marchand de dvds, près de chez vous), voilà que je m’interroge sur ce qui fait un bon film et ce qui fait un mauvais film.
Le scénario, le jeu des acteurs et sans doute une part de subjectivité, selon le fait que le sujet nous parle ou pas.
Exemple : De mon point de vue, Ben Affleck est le pire acteur que la Terre ai jamais portée ! Excessif ? Il suffit de le voir dans Hollywoodland face à un Adrian Brody qui, lui, sauve le film.
Et pourtant il a eu le prix d'interprétation masculine à la Mostra de Venise pour ce rôle ?! Vas comprendre.
Du coup, j’ai eu envie de dresser une p’tite liste de navets bien juteux subis par des générations d’amateurs de cinéma, à cause d’une bande-annonce plus réussie que le film lui-même ou de têtes d’affiches qui d’habitude sont bons, ou tout simplement par curiosité.
Pour plus de lisibilité et esprit de synthèse oblige, les nanars suivants sont classés par thème … si quelqu’un a d’autres noms de films à rajouter à la base de données, je suis toute ouïe.
Igby goes down (gonflant au possible)
Adaptation (Nicolas Cage et Merryl Streep au pire de leur forme)
The last man (film libanais qui surfe sur le mythe Dracula)
Insomnia
Orpheus (Francis Huster surjoue, comme d’habitude)
Le gouverneur de l’île de Chakerbakerben (pire film marocain)
Le maître du jeu (la preuve par excellence que D.Hoffman ne fait pas que des bons films)
Jackass (the movie)
40 ans et toujours puceau (misogyne, lourd, film pour boutonneux post-adolescents)
les films de Max Pecas : tout un programme, entre Embraye bidasse ça fume, Belles blondes et bronzées, la Banane Mécanique (sic !) …
Les clés de la bagnole (Baffie pas toujours drôle)
La tour Montparnasse infernale
La cité de la peur (les très très Nuls)
Nacho libre (fous rires nerveux à répétition)
Speed 2
La malédiction II (the Omen pour les anglophones)
Carrie 2 (ketchup, mercurochrome… du gore cheap)
Grease 2 (affligeant)
Basic Instinct 2 (le retour du pic à glace, Razzy Award 2007)
Miss Detective 2 (cf parenthèse Grease 2)
La cage aux folles 2 (sans Poiret, mais avec Serrault, mais nul !)
Robocop 2 (déjà le 1 …)
Dragon rouge (suite du Silence des agneaux et une séance célèbre de triturage du cervelet)
Conan le barbare (gros biscotos, petit pois chiches)
Piège de cristal (amère loque)
GI Jane (Calamity Jane !)
Street fighters (Van Damn, nul comme d’habs)
Catwoman (
Razzy award 2006)Daredevil (Ben Affleck = super hzéros)
Superman (un mec qui met des slips rouges, moi j’ai pas confiance !)
Tortues Ninjas (bibendaums verts !)
Hulk (effets spéciaux cache-misère d’un scénar bancale)
l’Homme invisible (avec Kevin Bacon)
FILMS D’HORREUR / SERIES B
officiellement désigné plus mauvais film de tous les tempsDreamcatcher (Dreammaker !)
Predator
Arachnophobia, films de loups garous et de bebêtes tueuses, et autres conneries du genre
L’Exorcisme d’Emily Rose (bande-annonce tricheuse)
Vendredi 13 (INCROYABLEMENT mauvais et Jason qui n’en finit pas de ressusciter)
Ca (adaptation minable du livre flippant de Stephen King)
Jeepers Creepers (digoulasse ! bonne 1ères 20 minutes, le reste…)
L’Enfer du devoir (cf le post Arabs : Usuals suspects, petit racisme à la semelle)
Signs (qu’est-ce que Joaquin Phoenix vient faire dans un machin pareil ?)
Miami vice, le film (Colin Farell complètement à côté de son rôle)
The holiday (Kate Winslet, Jude Law et Cameron Diaz dans un espèce de truc qui se veut romantique)
Cinéma français
Doberman (Vincent Cassel et madame dans un mauvais film français)
Les films de Lelouch qui arrivent après Itinéraire d’un enfant gâté, type Hommes, femmes : mode d’emploi
Waterworld (Kevin Costner qui s’est ruiné la carrière et le portefeuille, tout seul comme un grand)
Gigli (J.Lo et Ben Affleck, très mauvais comme d’habs)
Le diable s’habille en Prada (version hollywoodienne bofissime du bouquin du même nom)
La rupture (Jennifer Aniston & Vince Vaughn, mystérieusement un sucès au box-office américain)
Existenz (un ovni futuronullissime)
Hantise (remake d’un film vraiment flippant des 60s…à ma connaissance, la seule fois où
les spectateurs ont ri à l’apparition finale du monstre)
mercredi 21 février 2007
Sans oublier ...
... et la réponse du berger à la bergère : "Arabs like you've never seen them before...unless you're an Arab" ;)
Arabs : Usual suspects
A quelques jours des Oscars, et Indigènes étant nominé dans la catégorie du meilleur film étranger, je me suis interrogée sur la présence arabe et musulmane en terre hollywoodienne.
Le dernier film arabe à avoir été nominé dans la même catégorie était Paradise Now, qui après avoir gagné le Golden Globe du meilleur film étranger (préambule aux Oscars), a vu toute une polémique entourer sa nomination aux statuettes, à coup de pétitions israéliennes et de pressions des représentations juives aux US (Consul, lobby).
Le tout aussi palestinien Intervention divine, gagnant du prix du jury 2002 à Cannes, s’était, quant à lui, carrément vu refuser l’accès aux nominations sous prétexte que la Palestine n’était pas un état souverain en tant que tel.
Pour les besoins de ce post, je me suis plongée dans plusieurs articles sur la question, le sujet ayant été abordé en long en large et en travers.
Toutefois, en démêlant cette touffe d’informations, il en ressort un livre écrit par Jack Chahine, Reel bad Arabs, d’où l’on apprend surtout que sur près de 1000 films américains (de 1896 à 2000) avec des personnages arabes ou musulmans, 12 étaient des portraits positifs, 52 étaient balancés et les quelques 900 autres étaient négatifs. Tout cela avant le 11 Septembre 2001. Donc bien avant cet événement, les arabes étaient déjà l’un des groupes ethniques les plus démonisé.
Je pourrais presque en rester là pour ce post étant donné que presque tout est dit !
Toutefois, après ce premier constat, j’ai décidé de faire un auto-brainstorming et voir quels étaient les noms ou idées qui me venaient spontanément à l’esprit, et ça a donné :
Omar Sharif
Rôles de terroristes / émirs du pétrole / Aladin, Ali Baba
Jamais sans ma fille (que de dégâts dans l’inconscient occidental !)
Les rois du désert, Syriana, Paradise now
Tony Shalhoub (Monk)
Anthony Quinn dans le Message, et dans Omar El Mokhtar
Et en visionnant les vidéos ci-dessus, je me suis rendu compte que, tout en ayant saisi l’essentiel, je passais à côté de beaucoup de petites répliques assassines n’ayant pour but que de lobotomiser tout un peuple, qui d’ailleurs ne voit pas plus loin que le bout de son CNN.
Tous les l’Enfer du devoir (commis par Samuel L. Jackson et Tommy Lee Jones), True lies, un autre film non-identifié avec Chuck Norris, les séries Law & order (« And what’s the other one ? » El shouhada…. « Yes, that’s it (ton méprisant), the prayer you make before you give your life to Allah ») le Jag (« You were born in the US ! What happened to you ? » I learnt to love Allah), Retour vers le futur avec une attaque surprise de Lybiens (et si l’on tend bien l’oreille on entend même un pas très libyen « wa zreb aaliiih »), et d’autres extraits que je n’ai pas réussi à identifier, sont autant de briques pour bâtir le mur de la séparation et labourer un peu plus ce champs de navets très prolifique.
Et je rajouterais également GI Jane (encore les lybiens), Piège de Cristal, les séries 24, NCIS ou Alias qui sont autant d’outils de propagande américaine, pointant du doigt le fléau arabe face à des institutions américaines à qui on ne la fait pas….et on est encore loin des 900 !
Je ne rajoute rien au schmilblick en précisant que suite à la chute du bloc communiste, le monde arabo-musulman est devenu officiellement le nouvel axe du mal. On est passé des westerns où John Wayne joue du colt sur des cibles indiennes, à la 2nde guerre mondiale avec sa cohorte de film anti allemands et japonais, aux russes et à la menace nucléaire, suivis du « péril jaune » dû à la guerre du Vietnam et à l’émergence de la puissance économique chinoise, pour finir par un magma terroriste où aucun pays arabe ou musulman n’est réellement nommé mais où tout le monde se sent visé (Palestine, Iran, Afghanistan, pays du Golfe non identifié….).
On a échangé une guerre froide contre une guerre explosive, et Hollywood se fait le reflet des clichés les plus cheap en la matière. C’est « Le cinéma de sécurité national » dixit Jean-Michel Valentin dans son livre Hollywood, le Pentagone et Washington : les 3 acteurs d’une stratégie globale. Victimes de la propagande politico-militaire américaine et de ses ramifications à Hollywood, l’Orient arabe est jugé trop menaçant dans sa différence, trop primitif, dorénavant trop 11 Septembre, trop l’Autre.
La nouvelle Rome a décrété que tout ce qui n’était pas romain était barbare, et elle compte bien camper sur ses positions. Vous êtes avec nous ou contre nous. La France, aimez la ou quittez là ! (un petit raccourci vite fait bien fait !)
De ce fait, les acteurs arabes en terre hollywoodienne ne sont pas dans une position des plus confortables. Leur nombre réduit, la situation géopolitique et le focus sur le terrorisme arabe sont un triptyque qui joue en leur défaveur.
L’équation caricaturale arabes/musulmans = terroristes + enturbannés à dos de chameaux résume à elle seule l’étendue du carcan dans lequel ils sont emprisonnés.
Omar Sharif est un cas d’école. Réussir à jouer un arabe relativement positif (le prince Ali dans Lawrence d’Arabie), un russe (Docteur Jivago), un new-yorkais du début du 20ème siècle en amoureux de Barbara Streisand (Funny girl) et autres exemples de digressions au rôle du méchant arabe de service ne sont pas légions.
Il y a bien un discret Tony Shalhoub, qui joue un enquêteur un peu toqué mais bien américain dans la série Monk, ou un Naveen Andrews, anglo-indou, qui joue Saïd, un ex-soldat irakien dans la série Lost. Le grand écran sait également parfois tempérer avec un Saïd Taghmaoui dans les Rois du désert, un Kingdom of Heaven qui m’a beaucoup fait pensé aux Croisades vues par les Arabes de l’écrivain Amine Maalouf, un Syriana et son personnage du prince Nasir ou enfin un Crash, qui décortique très bien les petits racismes et préjugés de chacun (un flic anti-blacks pas si raciste que ça, un iranien parano qui voit partout du racisme, un latino qui aime la country music…). Quelques timides tentatives où le côté « positif » des arabes n’est pas forcément le postulat de départ mais plutôt un « dommage collatéral » de la trame du film.
2) Quel film est le symbole de la rupture entre le cinéma et Washington, sur la guerre du Vietnam ?
3) Quel est celui qui a relancé le genre ?
4) TOW = ?
lundi 19 février 2007
Tour d'horizon de la Presse et du Web - Week 7
Médias/Marketing
ComNews, magazine marocain sur le monde de la Communication, s’intéresse aux ondes qui réveillent la Pub. Le cas Hit Radio, radio 15-25 ans s’il en est, va obliger les Annonceurs, dont cette tranche d’âge est la cible, et leurs Agences à adapter leur discours Com à ce nouvel entrant, plus spécialisé que ses consoeurs. Une mini-révolution dans les Briefs Annonceurs ?
Du côté de la revue Stratégies, qui a établi un listing de blogs et sites en rapport avec les Médias, la Com et le Marketing, j'en ai sélectionné 3, estampillé du Tag
- http://advertisingforpeanuts.blogspot.com/
Tout est dans le titre du blog : une veille sur les meilleures pubs qui partent d’une idée toute simple, qui ne nécessite pas que tout le staff de l’Agence parte shooter en Jamaïque au frais du client, et qui sont impactantes à souhait. Vive le Marketing inventif !
Mes préférées sont celle de la marque de casques : claire, étonnante, moderne, djeun’ ; et en numéro 2 celle de K-Fee energy drink qui en Affichage ne marcherait pas vu que pas assez le temps de comprendre la finesse du message mais en insertion Presse, ça devrait le faire.

- http://paris.blog.lemonde.fr/2007/02/07/les-blondes-et-les-luttes-anti-raciales-le-buzz-des-annees-60-70/
Ou des arcanes de la Communication en temps de crise ou pourquoi les blondes d’aujourd’hui sont les anciens noirs d’hier. - http://www.musiquedepub.com/
Et last but not least, un site sur les musiques de pub, le titre du site étant, encore une fois, on ne peut plus clair. Bonne initiative car elle permet de mettre un nom sur des airs qui trottent parfois longtemps dans la cabessa.
- http://aixtal.blogspot.com/
Un excellent blog de Jean Véronis, prof de linguistique et Informatique (et auteur d’un ouvrage Combat pour l’Elysée, co-écrit avec Louis-Jean Calvet), qui analyse l’actualité sous la loupe du champ sémantique. Le récent post 2007 : comparaison Ségo-Sarko, qui décortique le vocabulaire récurrent des 2 candidats, et celui sur les dérapages des définitions du Petit Robert, intitulé Lexique : Colonisation sont, encore une fois, tout bonnement excellents ! Y a pas d’autre mot. - Et comme pousser un petit cocorico de temps en temps ne fait pas de mal, le débat Ségo-Sarko étant dit, on peut aussi s’intéresser au débat PJD-Etat marocain. Comme nous aussi on va avoir droit à des élections (législatives) en 2007 (6 juillet ou 7 Septembre), le Journal hebdo nous propose un décryptage de la situation. L’article, qui ne sera mis en ligne que le Jeudi prochain, s’intéresse plus au PJD et les tentatives de l’Etat de lui couper l’herbe sous le pied, le titre exact étant PJD, le dernier tacle de l’Etat.
D’où il ressort, globalement, que l’Etat procède à un « charcutage » électoral anti-PJD, VS un découpage électoral démocratique qui lui se voudrait neutre et objectif. Les récents sondages (Mars 2006 et résultats confirmés en Janvier 2007) donnant le PJD grand favori de ces élections, et l’Etat préférant le statu quo sur la majorité actuelle, ce dernier préfère donc bidouiller une « pré-carte politique où les islamistes n’auraient pas une grande place ». Article où j’apprends tout de même, à ma grande surprise, que durant les élections législatives de 2002, le PJD avait remporté 2 sièges sur 5 dans le quartier casablancais d’Anfa ! On y fait également connaissance avec les électeurs de différents partis : périphéries urbaines pour le PJD, le Rural pour le Mouvement populaire.
Face à ce tacle étatique et à la réaction molle des dirigeants, Othmani en tête, des luttes inter-PJD se font sentir quant aux stratégies à adopter. Un député du parti en question précise que « le PJD, qu’on le veuille ou non, représente ce que pensent et veulent des millions de marocains. Donc, avant de combattre Ramid, Benkirane ou El Yatim, il va falloir changer de convictions des millions de marocains ».
Et malheureusement, il a raison. C’est ça le jeu démocratique.
Littérature
Malek Chebel, interviewé par Telquel à l’occasion de son passage au salon du livre de Casablanca, explique sa vision de l’Islam des lumières.
Extraits choisis :
"Au lendemain des attentats (du 11 Septembre 2001), une traduction du Coran que j’avais préfacée a vu ses ventes subitement grimper…Peut-être que cette envie de savoir, de comprendre, était un moyen de conjurer une inquiétude grandissante. C’est un réflexe de rationaliste. Nous, face à une peur, nous nous empressons de condamner, de rejeter.
…
Nous nous retrouvons avec plusieurs groupes de blocages. Les plus lourds sont ceux que nous avons hérités collectivement de la période anté-islamique, de la Jahiliya. Des blocages qui ont été reconduits tels quels par le Coran et qu’on a considérés dès lors comme étant définitifs et indiscutables….J’essaie d’isoler dans le Coran ce qui relève du pré-coranique, pour mieux comprendre le coranique.
…
Lire la situation actuelle du monde musulman avec les yeux d’Ibn Taymiya relève donc de la magie pure, ou de la fascination pour cette personne. Mais certainement pas d’une méthodologie scientifique. Ce que je dis, c’est qu’il faut étudier le Coran avec un esprit critique, mais respectueux."
(sera en ligne en fin de semaine mais déjà en kiosque, bien évidemment)
Musique / Cinéma
Effets post saint-valentin ou l'art du bisou

Les enfoirés, ils m’ont eu !
Le dernier clip du collectif zicos des Restos du cœur m’émotionne vachement beaucoup.
A coup d’échanges labiaux qui furent de grands moments du grand écran, cette vidéo s’inspire bien évidemment de la fameuse scène de Cinéma Paradiso où Toto, devenu homme (Jacques Perrin mmmmm), revient à son village pour l’enterrement d’Alfredo (Noiret) et où il découvre son héritage, sur pellicule : toutes les scènes de baisers censurées par le prêtre du village. Love actually, comme dirait l'autre.

Dire qu’au Maroc on vit encore en plein dedans ! Enfin bon bref…
Un joli clin d’œil à Philippe Noiret qui a éteint l’écran il n’y a pas si longtemps.




















